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Ecrit par Olivier & traduit par AnnaBeth

A mesure que l’hiver approchait, Anna souhaitait faire l’acquisition de raquettes de neige. Elle avait commencé par faire sa recherche sur les modèles européens tels les versions au look futuriste d’un autre monde créées par TSL et Inook, pour les comparer avec ses marques américaines préférées, telles les classiques Tubbs, Atlas et Sherpas. Son étude terminée elle choisit une sérieuse paire de Tubbs sur Ebay et nous commandons deux paires européennes. Son anniversaire sera sous le signe des raquettes dans la neige, soit à Montalvo ou faute de neige, en Sierra Nevada au sud de l’Andalousie.

 

 
La semaine précédant son anniversaire nous avons étudié la météo. De la neige était attendue à Montalvo, mais il n’était pas évident qu’il en tomberait assez pour “raquetter”(néologisme de mon crû). C’est finalement dans ces fameuses mystérieuses montagnes sud-espagnoles, la Sierra Nevada que nous nous rendons. Nous avons découvert avec surprise, que presque tous les villages de ces montagnes sont sur les bords du massif, sauf quelques uns dont la station de ski et Trevélez situés plus hauts. Nous optons pour Trevélez, le plus haut de toute la chaîne de montagne à quelques 1476 m.

 

 

 La Sierra Nevada s’étend d’est en ouest et inclut le plus haut pic européen situé à l’ouest des alpes, Le Mulhacen, à 3478 m. Cette région à une longue histoire d’isolation et la majeure partie de cette Sierra reste inaccessible en voiture. Nous arrivons du nord mais pour atteindre Trevélez nous devons entrer dans les montagnes par le sud-ouest. Nous décidons de prendre la seule route qui traverse la chaîne du nord au sud par son centre et passant par le col de La Ragua situé à 2000m d’altitude. Puis depuis le sud, il faut faire route à l’ouest puis nord sur une petite route sinueuse à deux voies afin d’atteindre Trevélez. Le tout est censé prendre environ trois heures.
 

 

 Le matin de notre voyage, les premières neiges de l’année sont tombées sur Galera. Nous nous sommes réveillés avec des paysages tout blanc à la porte. Un heureux présage pour l’anniversaire d’Anna !

 

La neige a continué à tomber à mesure que nous faisions route vers le sud en fin d’après midi. Arrivant au pied de la Sierra Nevada à la nuit tombante, notre excitation grandit. Alors que nous empruntons l’étroite petite route de montagne menant au col de La Ragua, nous sommes arrêtés par une barrière et des panneaux indiquant la fermeture du col pour des raisons de météo ! Oups, nous n’avions même pas vérifié avant de partir. La neige étant un évènement plutôt exotique, nous n’avions pas considéré la possibilité de trop de neige.

La meilleure option consistait donc à faire demi tour et prendre la route vers l’ouest en passant par Grenade et faire la route par le sud en contournant la Sierra. C’est long et fastidieux. Le dernier segment est une petite route qui monte en lacet et demande concentration, surtout la nuit.

 

 

Le long des montagnes nous traversons des villages “blancs” dont les églises sont illuminées la nuit dans des tonalités oranges.

 

 

Trevélez est situé dans une vallée profonde où sa rivière émerge d’un abîme dans les montagnes. Mais Trevélez est finalement là et offre une remarquable vue d’accueil. Le village est compact, tout blanc et s’étale en hauteur sur un des côtés escarpé et terrassé de la vallée.

 

Trevélez de jour sous couverture nuageuse.

 

 Nous avons loué une partie d’une maison à flanc de colline juste en dehors de Trevélez, mais d’après les propriétaires Pilar et Ramon, les chutes de neige attendues peuvent créer  des conditions délicates de descente dans leur propriété. Ramon est absent pour la journée à Grenade et Pilar à un bébé dont elle doit s’occuper donc il nettoieront l’accès demain. Même si nous assurons à Pilar que nous sommes équipés de chaussures de neige et pourrions garer notre 4x4 en haut à l’entrée, elle n’a pas semblé confortable avec l’idée que nous arrivions ce jour. Dans l’attente, nous passerons notre première nuit au coeur du village.

Nous arrivons dans le village silencieux à 22h. Pas une âme ne semble vivre ici. Nous poursuivons notre chemin à travers les rues tortueuses montantes, jusqu’à l'hôtel. Nous notons les noms des affaires de famille peintes en grandes lettres noires partout dans le village. Certains noms suivis du mot “jamon” (jambon). Un nom semble récurrent, celui d’Antonio Alvarez “Jamon”. Il semble qu’il a la mainmise sur le business du village.

Tout est éteint à part quelques fenêtres de maison hasardeuses et quelques bars; n’importe quel village qui se respecte a un bar ouvert le soir offrant au voyageur ou au local assoiffé de se réchauffer en ces froides soirées. Il semble que presque tout le monde soit parti dormir à part notre hôte qui nous invite à un verre avec tapas.

 

 

En regardant attentivement vous pourrez voir par la fenêtre de gauche les jambons qui pendent.

 

Nous nous présentons et découvrons que notre hôte est “l’illustre” Antonio Alvarez. Il reconnaît l’étendue de son petit empire et nous parle de ses chevaux tout au-dessus du village. Il est également fier de nous annoncer que tout l'hôtel est équipé de chauffage au sol, ce qui en cette saison est très agréable. Il nous suggère de changer nos plans et de rester ce weekend chez lui car là où nous nous rendons nous n’aurons pas le même confort. Sympa pour la concurrence, mais nous lui expliquons que nous avons déjà réservé avec Booking.com. Il n’est pas très familier avec les réservations via internet mais comprends notre position et nous invite déjà à revenir une prochaine fois. Nous sommes assis autour du bar circulaire en bois, une vingtaine de jambons de montagne secs pendent au-dessus de nos têtes. Après toutes ces heures de conduites sinueuses, cette pause est la bienvenue. Je commande un verre de vin rouge et Antonio prépare ses tapas de … jambon bien sur ! Anna prend un café décaféiné et sort sa boite de galette de riz et je me jette sur les tranches de porc séchées.

Attendu que notre visite était originellement prévue dans de la neige profonde, nous ne nous sommes pas informés sur Trevélez. Et parfois cela mets plus de piment de voyager de cette façon. Nous découvrons rapidement que le business du village est basé sur le jambon de montagne crû. L’air de la montagne et la haute altitude permettent de sécher complètement le jambon, produisant une précieuse spécialité régionale.


Anna ne mange pas de porc et c’est un peu un défi quand on voyage en Espagne. Le jour suivant nous découvrons ce monument du village.

 

 

Il s’avère qu’il n’a pas neigé aux alentours de Trevélez. En fait il n’y a pas de neige du tout. Au matin nous apercevons des patchs blancs sur les sommets environnants. Nous nous informons et décidons de nous rendre au col de La Ragua, la passe de montagne fermée la veille. Les locaux sont d’avis que oui l’accès sera ouvert par le sud. J’appelle le centre d’infos montagnes sans réponse claire. Nous concluons que rien à signaler signifie que c’est ouvert.

 

 

D’abord nous stoppons à notre appartement du week end où il n’a pas neigé non plus. Anna et moi remarquons qu’en effet, la route d’accès descendant au lodge peut-être traître par mauvais temps. Notre nouvelle demeure est au coeur de la nature, entourés des montagnes et de l’eau qui gargouille dans la gorge. A l’intérieur, le sol est en bois et chauffe vite avec un bon feu. Et si le carrelage de la salle de bain est froid nous mettrons des chaussons ! Tout aussi confortable qu’il fut pour une nuit, nous ne regretterons pas le chauffage au sol de l'hôtel d’Antonio Alvarez au village.

 

 

Nous emportons les raquettes, un casse-croûte et du thé. En route pour le port de La Ragua à la recherche d’une montagne couverte de neige.


Lisez notre prochain article pour la suite de cette histoire !

 

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