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On va vous raconter une histoire. Celle d’une petite cave qu’Olivier à découvert voici quelques mois lors d’une sortie avec un agent immobilier local. L’histoire est en cours de déroulement et nous ne savons pas encore comment elle va se terminer. Alors dans un sens, alors que nous vous la racontons, nous la vivons en même temps que vous.

 Ecrit par Olivier

Orce village en cette fin d’hiver. Le petit homme brun me salua d’un air courtois et son sourire était proche d’une grimace le rendant difficile à cerner. Se tenant sur la porte de son bar-bureau sur la petite place du village, il me demanda si nous allions prendre sa voiture ou la mienne. J’optais pour la mienne, et nous partîmes rapidement en quête des fantastiques “cuevas” qu’il se vantait d’avoir à vendre.


Ce coin d’Andalousie, l’altiplano de Granada, est une région de maisons troglodytes ou “cuevas”. Étant venu dans cette partie du sud de l’Espagne quelques années auparavant, l’idée m’avait séduit de m’installer un jour dans une de ces habitations, chacune unique, creusées à la main à flanc de montagne, aux chambres profondes qui enveloppent le dormeur d’un silence délicieux.


Durant cette sortie matinale, il me fut donné de voir plusieurs cuevas, de style différents; certaines aux murs épais, sur plusieurs étages avec de grandes pièces, d’autres avec des puits de lumière et terrasses avec vue, d’autres encore brutes avec du terrain autour, où chacun use de son imagination pour se la représenter terminée et habitable.

 


  

 

 

 



Chacune d’elle s’est avérée être de qualité, mais chaque fois, le lieu ou bien les environs ne me convenaient pas. Un détail gâchait l’ensemble de tous les avantages. Un mur inachevé et laid chez un voisin, un poteau électrique avec des fils partant de tous côtés ou une mauvaise disposition des plans aux sol. Je ne parvenais simplement pas à « me sentir chez moi ». Mes idées se bousculaient, je ne savais pas quoi penser de ce que je venais de voir, mais surtout  je n’avais pas la sensation d’avoir trouvé mon bonheur.


Sur le chemin du retour, l’agent immobilier m’indiqua un endroit sous le plateau où se trouvait une petite cave parfaitement placée, mais précisa que la cave en elle-même n’en valait pas la peine. Toutefois il s’offrit de faire le détour. Je m’empressais d’accepter et nous traversâmes le plateau, cette fois avec le son des bêlements et des cloches d’un troupeau de moutons, de chèvres et leur berger.

 

 

 

 

Cela faisait déjà plusieurs mois qu’AnnaBeth et moi étions arrivés dans la région et j’avais tout particulièrement une idée très précise de ce que j’idéalisais comme lieu de vie, la propriété de mes rêves, là où j’allais enfin pouvoir poser mes quelques affaires dont mes précieux livres. Cette fois-ci je cherchais sérieusement.


Nous quittâmes la route sur le haut du plateau pour nous engager sur un chemin de terre menant au nord-ouest, bordé de part et d’autre de champs de jeunes amandiers fraîchement plantés. Loin de l’autre côté de la vallée, le soleil levant illuminait les montagnes de La Sagra. Après quelques centaines de mètres mon agent me fit signe de m’arrêter. Nous étions au bord du plateau surplombant grand ouvert une ravine avec ferme, amandiers et oliviers : « Aqui està, abajo!» Voilà, c’est juste ici dessous.


Je ne pouvais pas encore voir la cueva, mais déjà contemplant l’autre côté de la vallée à environ un kilomètre, je pouvais embrasser du regard le versant nord-ouest du plateau jusqu’à la chaîne de montagnes Sierra de La Sagra. Je sentais toute la force du lieu, son mystère et sa magie achevaient le tableau de façon grandiose. La vue porte loin de l’est au sud-ouest offrant au contemplatif l’espace propice à l’exercice de la méditation. Waouh !

 

 

Cliquez pour voir ce panorama en taille maximale, puis cliquez sur la nouvelle image pour l'agrandir et utilisez les flèches pour vous déplacer à droite et à gauche

 

Il me restait à voir la cueva. Une première construction ancienne se trouvait là sur la gauche en descendant quelques dizaines de mètres le chemin de terre et de broussailles. Mon guide m’informa que celle-ci était sans « escritura » (acte de propriété), ce qui à priori la rendait impossible à acheter.

 

 

 

Puis continuant notre chemin vers le bas à droite, et contournant une petite élévation de terrain toujours par la droite, nous arrivâmes à destination.

 

 

Je me suis retrouvé face à une maison troglodyte simple, non réformée. Certains diraient une ruine. Mais pour moi c’était la merveille que j’avais tant cherché. La façade était protégée des éléments par deux murs de pierres en ruine qui créaient des petites cours semi-fermées à chaque extrémité. L’isolement du lieu offrait une sensation de confort, bien-être et sécurité. Point de voisins ici, rien que le calme des amandiers ci-dessous et un paysage se déroulant à perte de vue. Selon mon guide, l’intérieur de la cueva n’allait pas en valoir la peine, mais je sentais déjà que c’était l’endroit rêvé ! »

 

Franchissant le seuil, je vis que l’intérieur avait été habité mais longtemps auparavant à en juger par la décrépitude des murs et peintures. L’endroit était certes petit et en mauvais état, mais le patio offrait des possibilités d'aménagement extérieur et on peut souvent creuser davantage de pièces au fond d’une cueva. L’option consistant à faire des plans et de la rénovation me séduisait puisqu’il est plus aisé de personnaliser son intérieur lorsque tous les travaux sont encore à faire.

 

 

 

 

Conquis par ce lieu je décidais de revenir le lendemain faire une vidéo afin de partager la découverte avec AnnaBeth alors aux Etats-Unis. Ayant vérifié avec l’agent immobilier que la cueva était bien à vendre, avec “escritura” et à un prix correct, rien ne s’opposait en théorie à ce que ce lieu devînt notre nouveau chez nous.

 

Le mont Sagra vu du plateau

 

 

Notre quête achevée, nous nous dirigeâmes vers le village d'Orce ou je déposais mon agent à son bar/bureau juste à temps pour qu'il aide sa femme à servir le repas à leurs clients.

 

 

Vous pourrez lire la suite au sujet de la Petite cave dans un prochain article.

 

Comments  

0 #2 Ariel Lynda Hagen 2017-02-17 22:57
How perfectly charming!!
Think of the wonderful tile mosaics
that can be done here...tribal hangings...
Bougainvillea dripping over the walls...
The possibilities!
Am totally jealous.
Thank You both for sharing your wonderful
adventures...& the pictures are gorgeous!
Ariel'Lynda Hagen ॐ
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0 #1 Cecilia de Almeida 2017-02-17 22:39
Superbes photos narrant une histoire à suspense...
J’attends le prochain chapitre!
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